Accueil > Les Actualités  > Archives Lumière 2011 > Imagerie médicale : un faisceau d’innovations dope le marché > Un tissu de PME françaises particulièrement innovantes  >

Lumière – La revue d'Opticsvalley 092011 - No 54

Un tissu de PME françaises particulièrement innovantes

Envoyer à un ami Imprimer
12 septembre 2011
Cellvizio - Maun Kea Technologies
© Mauna Kea Technologies - Studio Desvignes

16 pixels

L’industrie française de l’imagerie médicale est constituée de PME. La majorité d’entre elles développent des innovations de rupture. Une condition indispensable pour gagner sa place aux côtés des grands groupes d’envergure internationale. Regard croisé sur trois PME d’Ile-de-France.

Le parcours sans faute de Mauna Kea Technologies est un cas d’école. Fondée en mai 2000, la société développe des instruments de diagnostic in situ in vivo. Initialement positionnée sur marché de la microscopie pour l’imagerie sur petit animal, l’entreprise s’est ensuite orientée vers le développement d’instruments pour le diagnostic des cancers par microscopie in situ in vivo, par voie endoscopique. Son produit phare, le Cellvizio®, appartient à une catégorie spécifique de microscopes appelés « microscopes laser confocaux ». Equipé d'une minisonde, il permet de recueillir in situ in vivo des images dynamiques à l’échelle cellulaire grâce à l’association judicieuse d’une optique miniaturisée, d’un faisceau de fibres optiques, d’un scanner ultra-rapide et d’un système perfectionné du traitement de l’image.

Après plusieurs années de R&D, l’entreprise fondée par Sacha Loiseau – un astronome qui a imaginé que les puissantes technologies utilisées en astronomie pouvaient être utiles aux médecins, chercheurs et patients – a commercialisé quelque 300 systèmes dans les domaine de la recherche clinique et de l’imagerie du petit animal. Son introduction en bourse, au mois de juin, lui a permis de lever 56,5 M€.

« Notre introduction en bourse avait pour objectif de lever les fonds nécessaires à notre développement commercial, en France mais surtout aux Etats-Unis, explique François Lacombe, directeur scientifique de la société. Aujourd’hui, nous focalisons notre action sur trois applications, en dehors de l’imagerie du petit animal : la détection du passage à l’état cancéreux pour des patients qui souffrent de reflux gastro-œsophagiens, le suivi des réjections mucosales et ablations des polypes dans le côlon, et l’examen des voies bilières et pancréatiques. Nous explorons, par ailleurs, d’autres domaines applicatifs possibles comme la pneumologie avec une technologie qui permet de s’affranchir des biopsies transthoraciques très invasives. »

La création de la société LLTech est plus récente mais augure d’un parcours sans doute similaire. Fondée en 2007, la jeune entreprise a reçu de nombreux prix et récompenses marquant le caractère innovant des technologies qu’elle développe. S’appuyant sur les découvertes de Claude Boccara, directeur scientifique de l’ESPCI ParisTech (École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la Ville de Paris) dans le domaine de la Tomographie Optique Cohérente (Optical Coherence Tomography ou OCT) grand champ, LLTech développe un scanner anatomopathologique, à très forte résolution, qui effectue des coupes optiques sous la surface, à des profondeurs contrôlées, sans abîmer ni modifier l’objet analysé. Disponible pour la recherche académique et pharmaceutique, le dispositif est prêt à investir, d’ici à deux ans, la recherche clinique.

L’entreprise compte actuellement huit salariés et cherche des fonds auprès de capitaux risqueurs afin d’accélérer son développement commercial sur le marché de la recherche. Elle a déjà ouvert un bureau aux Etats-Unis et compte nouer, dans d’autres pays, des partenariats de distribution. « La société est un diamant que l’on est en train de tailler, s’enthousiasme Bertrand le Conte de Poly, dirigeant de l’entreprise. Les retours des utilisateurs sont très positifs. Cela nous encourage à développer les ventes et à continuer d’innover. Notre technologie offre un changement de paradigme dans les domaines de la pathologie pour la sélection ou la validation de prélèvements (micro biopsies, bio banking, analyse moléculaire) et l’exérèse cancéreuse. L’information délivrée permet de voir immédiatement si les biopsies réalisées sont correctes ou pas, c’est-à-dire contiennent ou pas du tissu suspect. Au regard de l’histologie classique, le recueil de l’image est plus rapide tandis que les objets analysés ne subissent aucun traitement préalable. Notre dispositif est en outre moins onéreux que les systèmes traditionnels. »

Créée en 1988, la société TRIBVN s'est caractérisée par un potentiel d'innovation continu depuis le développement de la télémicroscopie en 1990, jusqu'à l'intégration de nouvelles technologies de biophotonique comme la Micro Spectroscopie Raman (avec le laboratoire MéDIAN de Reims et la société HORIBA Jobin Yvon, projet ANR TECSAN IHMO) et l'Image de Phase Quantitative (en cours de développement avec la société PHASICS), sur sa plate-forme d'imagerie ICS-FW. La société fournit des systèmes "clé en main" aux laboratoires de cytologie et de pathologie diagnostiques. Ces systèmes leur permettent de produire in vitro, à partir de préparations sur lame de verre, les images de diagnostic cellulaire et tissulaire (vues individuelles ou lames entières aux très grandes dimensions, typiquement 2 à 5 Gpixels). Ils permettent ensuite de les gérer (en les intégrant au système d'information hospitalier, ce qui permet le développement d'une dimension cognitive ; projet ANR TECSAN MICO avec le laboratoire IPAL et La Pitié), de les partager, de les annoter et de les analyser grâce à des automates.

Dans ses deux domaines d'activité – la numérisation de grands fonds d'images et l'intégration de l'imagerie de microscopie diagnostique au workflow hospitalier – TRIBVN se développe en valorisant à la fois sa bonne connaissance des technologies d'imagerie et celle de ses clients. En répondant à la demande et en anticipant les besoins, TRIBVN a ainsi réussi à occuper une position de leader sur ses deux marchés.

Si la microscopie diagnostique est encore un marché de niche, cette situation est en train d'évoluer très rapidement. L'intérêt récent des grands imagiers en témoigne. Ils perçoivent aujourd'hui l'importance d'étendre leur offre à l'imagerie de microscopie diagnostique afin de proposer des solutions à la demande d’une médecine personnalisée. « Notre bonne connaissance des besoins et notre potentiel d'innovations nous ont permis de concevoir des solutions qui s'intègrent efficacement aux solutions de radiologie pour une meilleure prise en charge des patients », souligne Jacques Klossa, président et fondateur de la société, « de plus, les standards en cours d'établissement à l'échelle mondiale nous permettront de changer d'échelle en développant significativement notre offre à l'international. »

Retour au sommaire de Lumière

  • Voir !

    Ce n°54 de Lumière s'intéresse aux technologies exploitant les ondes térahertz. Leur bande de fréquence se situe entre les micro-ondes et l'infrarouge. Capables de traverser des matières diélectriques, réfléchies par les métaux, absorbées par les milieux humides, elles sont non ionisantes et faibles émettrices d’énergie. De quoi laisser entrevoir un faisceau d'applications nouvelles, y compris dans le domaine de l'imagerie médicale dont le marché ne cesse de croître. Particularité de ce secteur d'activité : les PME innovent et investissent l'international. Car si démarrer une activité à l'étranger n'est pas toujours une chose aisée, elle s'avère souvent payante !

  • Portrait

    Pascale Nouchi

    Pascale Nouchi, la fibre des sciences appliquées et du management

  • Initiatives

    Présenter son savoir-faire dans le cadre du programme Pacte PME, l’exemple de la société LittéraL