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Horiba Jobin Yvon, deux siècles d’analyse de la lumière
Jobin Yvon fut à l’origine créée au carrefour de l’Odéon, à Paris, par Jean-Baptiste Soleil en 1819. A cette époque, sur les conseils d’Augustin Fresnel, il construit de grandes lentilles à échelon, ainsi qu’un appareil à miroirs croisés capable de mettre en évidence le mode vibratoire de la lumière. Léon Laurent, successeur et neveu de Jean-Baptiste Soleil prend la tête de l’entreprise. Il lui confère un rayonnement international grâce à deux instruments originaux : le polarimètre et le saccharimètre.
En 1892, Marie Amédée Louis Jobin, diplômé de l'École Polytechnique, rachète la société d'instrumentation d'optique. Il fabrique alors des instruments pour les grands physiciens de l'époque tels que Jules Macé de Lépinay, Alfred Pérot, Charles Fabry ou Henri Chrétien. En 1914, il est mis à la disposition du Service géographique de l'armée et chargé de centraliser la production de l'optique. Pendant la guerre, il rencontre Armand de Gramont et participe après l'armistice à la création de Sup'Optique. En 1919, il devient président du Syndicat de l'optique et de la mécanique de précision. En 1923, il cède la société à son gendre Gustave Yvon qui en prend la direction jusqu’en 1961.
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Michel Mariton, Directeur Général d'Horiba Jobin Yvon SA |
En 1997, le groupe japonais Horiba achète Jobin Yvon. La PME est alors rebaptisée Horiba Jobin Yvon. "Horiba, géant de l’instrumentation scientifique qui a affiché un CA d’un milliard de dollars en 2005, a acheté Jobin Yvon afin d’ajouter une compétence de plus à son catalogue dans le domaine de la spectroscopie optique et instrumentale. Bien que rattachée au groupe, nous sommes restés une PME avec une grande liberté d’action ", précise Michel Mariton, son Directeur Général.
Domaines d’activité
Horiba Jobin Yvon développe et commercialise des appareils destinés à analyser les particules de matière à l’échelle nanométrique. Ces machines sont destinées aux applications telles que les spectroscopies atomiques et moléculaires, la fluorescence, les réseaux de diffaction, la granulométrie, l’ellipsométrie. La PME compte 600 personnes, 300 d’entre elles sont basées en France sur les sites de Longjumeau et Villeneuve d’Ascq. Les 300 autres se trouvent aux Etats-Unis (site de production dans le New Jersey) et dans des bureaux commerciaux en Allemagne, Angleterre, Italie, Espagne et Chine. Cette stratégie de distribution répond aux besoins de la clientèle majoritairement située à l’export (85% des 100 M € de CA réalisés en 2005). "Nos clients, pour 50% d’entre eux issus du monde de la recherche, sont répartis dans le monde entier", confirme Michel Mariton. Positionnée dans l’industrie intermédiaire, Jobin Yvon a opté pour une stratégie de niche, sans toutefois réaliser des produits sur mesure. La PME vise des positions fortes sur des marchés à 10 ou 20 M €, comme cela a été le cas pour la spectroscopie Raman, marché sur lequel elle est leader mondial.
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Exemples de réussites commerciales marquantes |
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Jobin Yvon a réalisé des réseaux de diffraction pour le laser Mégajoule, retenus pour leurs orginalité en termes de sélection de longueur d’onde et focalisation. La PME a, par ailleurs, obtenu une récompense de la NASA pour la mise au point d’autres réseaux visant à déterminer la concentration en CO2, dans le cadre de la mission "Orbiting Carbon Laboratory" ou encore pour ceux embarqués sur le téléscope spatial Hubble. |
"Nous tentons au maximum de fidéliser notre clientèle en établissant des relations pérennes. Il nous arrive de concevoir des mises à jour, ainsi que de fournir des pièces détachées sur du matériel en place depuis 10 ans, car nous partons du principe qu’un client satisfait est un prescripteur et un vecteur de l’expansion future", ajoute Didier-Luc Brunet, directeur commercial pour les activités Europe, Moyen-Orient et Afrique.
La R&D, clé du succès
En réponse à la stratégie de niches, chaque année, 15% à 20% du CA sont consacrés à la R&D. En termes de relations avec les centres de recherche franciliens, Jobin Yvon a déposé des brevets conjoints avec l’Ecole Polytechnique, le Synchrotron SOLEIL et le LURE. D’autre part en 2004, la PME a travaillé avec le LULI pour des études de tenue au flux sous vide ou de mise en phase de réseaux multi-diélectriques.
Horiba Scientific
L’évolution des prochaines années s’inscrira au sein de Horiba Scientific, nouvelle entité du Groupe Horiba résultant du rapprochement entre Jobin Yvon et la Division Analytique de Horiba. Le pilotage du processus de fusion est animé par une équipe basée au sein des bureaux essonniens et placée sous la direction de Michel Mariton. La maison mère japonaise souhaite que Horiba Scientific bénéficie de la qualité technologique historique de Jobin Yvon pour mener à bien des recherches qui aboutiront à des développements de produits destinés à renforcer la position commerciale du groupe en Asie, Amérique, et en Europe, notamment en Russie.
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Analyseur de taux de soufre dans le pétrole SLFA © Horiba |
Le groupe Horiba compte réaliser un CA d’1,5 milliards d’euros d’ici 2010 sur les marchés du médical, de l’environnement, de l’automobile et des semiconducteurs. "Très récemment, nous avons remporté un franc succès grâce aux analyseurs de taux de soufre dans le pétrole SLFA. Ces produits permettent de réaliser des recherches physico-chimiques fines pour vérifier les niveaux de propreté. Les SLFA, fruits des recherches d’Horiba Scientific, sont très prisés et multiadaptables. Ils ont fait l’objet d’un partenariat en Californie pour la voiture propre et peuvent être également mis au service de l’environnement, marché porteur qui constitue une préoccupation majeure de Horiba, très impliquée dans les accords de Kyoto", conclue Michel Mariton.
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