
C’est
ainsi qu’est né le projet d’un centre de recherche sur les maladies
oculaires, baptisé Institut de la vision. "L’institut ouvrira ses portes début 2008 dans un nouveau bâtiment d’une surface de 5 900 m² construit sur le site du CHNO des Quinze-Vingts, dans le douzième arrondissement de Paris", indique José-Alain Sahel (en photo),
directeur de l’unité 592 de l’Inserm, du Centre de référence sur les
maladies rares de la rétine, et porteur du projet depuis 2002.
L’opération
constitue l’un des premiers Partenariats Public-Privé (PPP) conclut en
France. Elle s’appuie sur une ordonnance du 4 septembre 2003
réglementant le "bail emphytéotique hospitalier" (BEH), complétée par
la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Ces
textes permettent à un hôpital de faire financer la construction d’un
bâtiment par un opérateur privé sur un terrain mis à sa disposition.
Plateaux techniques à satiété
L’Institut
de la vision fonctionnera avec des plateaux techniques communs :
animalerie, analyse du transcriptome, du protéome, bioinformatique,
imagerie (dont le fameux tomographe du projet OEIL), tests
comportementaux, électrorétinogramme, étude des canaux ioniques par
patch-clamp, etc. L’animalerie aura une capacité de 5 000 rongeurs,
avec un secteur protégé d’élevage hébergeant des animaux "exempts
d’organismes pathogènes spécifiques" (EOPS), et un secteur
conventionnel d’expérimentation indépendant. La surface restante sera
partagée à parité entre des laboratoires du secteur académique - dont
l’équipe fondatrice, l’unité Inserm 592 et les laboratoires
d’entreprises innovantes. Les groupes académiques pressentis, dont
plusieurs sont étrangers, représentent la biologie du développement,
les neurosciences visuelles, l’optique physiologique, le traitement de
l’information, l’administration des médicaments, les sciences de
l’ingénieur et le handicap.
Indépendance et mutualisation
"Chaque
équipe aura une totale autonomie de travail et de gestion, même s’il y
aura une mutualisation des moyens et un comité stratégique qui définira
une politique commune", explique José-Alain Sahel. "Nous
souhaitons que les chercheurs s’approprient l’Institut, comme ils
s’approprient leur travail. L'organisation en centre de recherche, tel
qu’il est préconisé par l’Inserm, assurera un fonctionnement qui a fait
ses preuves, sous l’égide de cet organisme".
Un
comité international sélectionnera de nouvelles équipes de recherche
suite à un appel d’offres international lancé en 2006, sous le patronat
de l’Inserm, du CNRS et d’autres organismes. "L’expertise
scientifique sera internationale et sera réalisée par des scientifiques
non partie prenante de l’Institut, de façon à dissocier clairement
l’évaluation de la pratique", ajoute le professeur Sahel.
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Le futur bâtiment de l'Institut de la vision |
Le
versant industriel de l’Institut, quant à lui, s’appuiera sur une
interface dédiée aux entreprises innovantes "dans une pépinière" et aux
entreprises qui souhaitent développer des projets de recherche
collaboratifs dans le domaine de la vision : médicament, imagerie,
chirurgie, diispositif médical, etc. sur plus de 2000 m2.
Une
dizaine de laboratoires d’entreprises innovantes seront hébergées dans
l’Institut de la vision pour une période renouvelable mais limitée.
Elles auront accès à l’ensemble des plateformes techniques, au Centre
d’Investigations Cliniques (CIC) des Quinze-Vingts – qui est impliqué
actuellement dans une quinzaine d’essais cliniques en ophtalmologie et
qui représente une véritable plate forme de beta test pour les nouveaux
dispositifs d’imagerie et d’électrophysiologie – ainsi qu’aux réseaux
de recherche liés à l’Institut. Plusieurs sociétés comme Essilor, Mauna
Kea Technologies, EyeGate Pharma ou Fovea Pharmaceuticals ont déjà
manifesté leur intérêt.
Un
deuxième bâtiment représentant 5500 m2 sera construit en parallèle.
Nommé "unité complémentaire locative", il accueillera les bureaux
d’entreprises et institutions liées à l’ophtalmologie et une résidence
hôtelière assurant l’hébergement de patients et de chercheurs. Au
total, 200 chercheurs, ingénieurs et techniciens académiques et autant
dans les entreprises graviteront dans l’Institut dès sa mise sur
orbite. "On peut imaginer que 400 à 500 personnes travailleront à terme sur le site", projette le professeur Sahel.
L’Institut
de la vision souhaite devenir pour les industriels un véritable centre
expert de validation de nouveaux systèmes d’imagerie, de chirurgie ou
de dispositif médical. Le Centre d’Investigation Clinique est un centre
de phase 1 qui permet de mettre en place de nouveaux protocoles
cliniques et d’accompagner les entreprises du médicament dans leur
développement.
"L’Institut
de la vision s’intéresse de façon globale au handicap visuel et
deviendra grâce à son environnement géographique et ses partenaires, un
centre de test de tous les dispositifs qui pourraient améliorer le
quotidien des malvoyants – tant d’un point de vue environnement
intelligent, services à la personne que d’appareillages", conclut le Professeur Sahel.
Pour en savoir plus : contacter José-Alain Sahel
Chef de service hôpital XV XX, directeur Institut de la vision
Emmanuel Gutman - Responsable relations industrielles-
Tél : 01 55 65 33 46 - gutman@st-antoine.inserm.fr
© Lumière, Opticsvalley, mai - juin 2007