Voir aussi...

 
 
 << Précédent
 
Riber, leader mondial de l'épitaxie par jet moléculaire

Riber est née en 1964 à Paris. Dès cette époque la société se distingue par une grande maîtrise des technologies ultravides. A partir du milieu des années 70, Riber est rattachée à Instrument SA. En 1976, l’épitaxie par jet moléculaire [ndlr : MBE, Molecular Beam Epitaxy] devient sa principale activité.


Valérick Cassagne, Directeur du développement de Riber

En 2000, la société entre en bourse. Trois ans plus tard, elle acquiert Addon, fournisseur de sources. En 2005, l’entreprise a généré 17,5 M€ de chiffre d’affaires, pour un effectif de 100 salariés (envion 90 pour Riber et une dizaine pour la filiale Addon).

Très récemment, Riber a quitté Rueil pour s’installer à Bezons, Val d’Oise. "Ce choix stratégique nous permet d’avoir nos bureaux et notre usine dans un seul bâtiment et sur un seul niveau. Cette dernière est plus adaptée aux flux matériels, à l’évolution des systèmes, plus pratique pour l’élaboration et l’assemblage de machines de plus en plus imposantes", indique Valérick Cassagne, directeur du développement de Riber.

Au début de la chaîne de valeur…

En tant qu’équipementier, Riber se place au début de la "chaîne alimentaire du semi-conducteur". La PME fabrique et commercialise des machines qui permettent d’appliquer les couches de base du matériau semi-conducteur composé.

A l’échelle nanométrique, l’épitaxie par jet moléculaire consiste à envoyer des atomes ou des molécules à la surface d'un substrat dans un vide très poussé afin d'éviter tout choc sur le parcours et contamination.

Le principe est l'évaporation sous vide par chauffage de matériaux. Les machines élaborées par Riber sont principalement appliquées aux matériaux issus des familles III-V [NDLR : III et V sont une référence aux colonnes du tableau de la classification périodique des éléments de Mendeleiev, voir illustration] et II-VI. "Les conditions d’ultravide généré dans nos machines offrent un très haut niveau de pureté au matériau déposé à l’échelle atomique. Les dépôts à relativement basse température limitent la diffusion aux interfaces. Comme nous utilisons des sources individuelles de matériau, la réalisation d’un dépôt aussi précis optimise les propriétés électroniques des substrats ainsi traités. Cette précision de nos appareils intéresse nos clients, les fabricants d’epiwafers, situés sur les marchés de l’électronique de puissance, de l’optoélectronique et des capteurs", précise Valérick Cassagne.

Classification périodique des éléments. En orange, ceux pour lesquels Riber fabrique ses machines © Riber


Une approche du marché équilibrée

Riber commercialise deux gammes de machines. D’un côté, des produits réalisés pour des industriels ayant des impératifs de production, de l’autre des marchés destinés aux laboratoires pour effectuer des recherches sur les semi-conducteurs III-V. Les clients de ces deux segments sont répartis en Amérique du nord (111 machines de recherche, 25 de production), en Europe (156 machines de recherche, 16 de production) et en Asie (153 machines de recherche, 17 de production). Bien que vendus en moindre quantité, les appareils de production, plus onéreux que ceux à destination de la recherche, apportent à Riber la même part de CA, soit environ 6,5 M € chacun.

A ces deux segments s’ajoute un troisième marché, celui des "composants et service" qui inclut la vente de pièces détachées, sources et service après vente. Cette activité non négligeable génère pour la PME 4,8 M € supplémentaires. "Au titre de SAV, nous prenons notamment en charge le nettoyage de machines en fonctionnement depuis plusieurs années, couvertes de dépôts plus ou moins toxiques. Pour ce faire, nous rapatrions l’appareil dans nos locaux et le nettoyons au moyen de bains spéciaux, savoir-faire de l’entreprise, grâce auxquels nous pouvons enlever les impuretés de la machine et la remettre dans un état de performances à 100%. Ce service est avantageux pour nos clients car il leur évite d'acheter des pièces onéreuses délivrées dans de forts longs délais dès qu’elles sont encrassées ".

Trois familles de produits commercialisés par Riber © Riber

L’approche multisegments de Riber sur le marché des semi-conducteurs III-V lui a garanti la stabilité, même quand la demande issue du secteur de la production a chuté suite à l’effondrement de la bulle télécom en 2000. " Entre 2001 et 2004, les composants et la recherche ont représenté la majorité de nos ventes, ce n’est que depuis 2005 que production et recherche représentent la même part de CA ".

Stratégie de R&D

"Pour un équipementier, seule la croissance de la production des clients ou des efforts de recherche est garante d’existence". Afin de répondre à cet impératif, Riber consacre 15% de son CA à la R&D. Si la filiale Addon travaille au développement de sources d’évaporation à destination du marché de la recherche, dont de nouvelles sources pour les OLED, la R&D fait majoritairement l’objet d’accords de co-développements engagés auprès d’entreprises et universités (IEMN à Lille, CRMCN à Marseille, CRHEA à Valbonne, IMEC à Louvain et IBM à Zurich).

Parmi ces collaborations, les travaux menés avec l’IMEC à Louvain portent sur la recherche de matériaux capables d’être déposés par la MBE, afin d’augmenter la constante électrique. "Il s’agit de trouver le moyen de remplacer l’oxyde de silicium par l’oxyde de lanthane et/ou d’hafnium. Nous menons ces recherches afin que quelques unes des 500 étapes de fabrication des semi-conducteurs CMOS puissent se faire au moyen de dépôts par jet moléculaire. C’est une première démarche très concrète menée en direction de la filière silicium qui constitue un marché porteur pour nos produits ".

Par ailleurs, Riber a tout récemment acquis une licence exclusive sur une technologie japonaise permettant de maîtriser les îlots quantiques. "Cette technologie devrait nous permettre d’écrire, localiser, et faire croître les îlots quantiques et ce, toujours dans le but d’augmenter les propriétés électroniques du composant", conclut Valérick Cassagne.


Pour en savoir plus : contacter Valérick Cassagne
Tél. : 01 39 96 65 53 -
vcassagne@riber.fr
Riber : www.riber.fr

© Lumière, Opticsvalley, octobre - novembre 2006