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Logiciel : les spin off de l’INRIA
Au sein de l’INRIA, la politique de soutien aux entreprises commence en 1985. 'Car les entreprises jouent un rôle capital pour le transfert de technologies. Une partie importante de l’innovation jaillit à travers les sociétés innovantes', indique Laurent Kott, Directeur Général d’INRIA-Transfert (en photo ci-contre), filiale de l’INRIA créée en 1998.
 
Composé de 3 personnes, aux côtés de Laurent Kott, INRIA-Transfert a essentiellement un rôle d’accompagnement des dirigeants des jeunes entreprises. La création d’entreprises agit comme un vecteur de dissémination et du transfert de recherches. Ce transfert fonctionne sur la base du volontariat des chercheurs qu’ils soient issus ou non de l’INRIA, tant que les domaines de recherche touchent à la sphère logicielle.

L’instauration d’une relation de confiance entre la jeune pousse et INRIA-Transfert est indispensable car l’accompagnement est un travail de longue haleine, sans limite dans le temps.
"12 à 18 mois, voire davantage, sont nécessaires pour mettre l’entreprise sur les rails, la structurer, la sensibiliser à la réalité du marché, jusqu’à ce que l’entreprise soit réellement opérationnelle". Plus tard, l’INRIA continue à être disponible pour des spin off déjà matures qui souhaitent continuer à travailler avec lui afin de faire évoluer leur R&D.


Afin d’étayer ce témoignage, nous avons donné la parole à quatre spin off issues d’INRIA -Transfert que sont Genostar, LTU Tech SA, Noesis et Senda.

Genostar, solutions de biologie intégrative

Genostar à l’origine était un consortium, créé en 1999 à l’initiative de l’INRIA, regroupant l’Institut Pasteur, Hybrigénis, et Genomexpress. La société naît en 2004 en rachetant le patrimoine technologique du consortium. Genostar se positionne alors comme un éditeur de logiciel de bioinformatique dont la mission est d'assister les biologistes et les bioinformaticiens dans leur processus de découverte en leur offrant un environnement informatique intégré, dédié à la génomique et à la post-génomique.
Au début de son aventure, Genostar est un éditeur de logiciel visant à fournir des solutions de biologie intégrative. La stratégie évolue rapidement vers le développement de solutions d’analyse et d’exploitation de données IOGMA, une plateforme bioinformatique permettant l’analyse des données génomiques.

Marchés et clients

Aujourd’hui, Genostar compte 10 personnes, 7 travaillent à la R&D, 3 autres sont chargées du marketing. Toute l'équipe est basée à Grenoble, sauf Patrice Garnier qui occupe un bureau à Paris.
Cette implantation géographique est justifiée par le fait que Genostar a valorisé des contrats de transferts technologiques via Hélix bioinformatique, elle-même, spin off de l’INRIA Rhône Alpes. Autre raison, Genostar, s’est rapidement constituée autour de François Rechenmann et Alain Viari, tous deux issus de l’INRIA Rhône Alpes. "De fait, nous entretenons avec l’INRIA des relations collaboratives très fortes", indique Patrice Garnier, Président - Directeur Général.

L’entreprise a affiché un CA de 430 K€ en 2006. IOGMA est un produit comportant 6 modules logiciels ajoutés à la plateforme elle-même. "En termes de stratégie, IOGMA peut être customisé selon les besoins du client. En fonction des modules achetés, les prix varient de 10 à 50 K€ et 100 à 150 K€", précise Patrice Garnier.

IOGMA vise des marchés tels que la santé humaine, le diagnostic, l’agribiologie, l’agroalimentaire, l’environnement. "IOGMA offre des solutions de data mining, ou extractions, très prisées par les biologistes. Ces extractions sont très utiles pour les procaryotes, vaccins, hôtes pathogènes, marqueurs dans les applications telles que les sciences du vivant ou bien encore l’agroalimentaire. Globalement nous sommes positionnés sur tout ce qui touche les sciences de la vie". Quant aux clients, ils sont internationaux ; car la démarche commerciale est mondiale. "Le premier client que nous ayons eu est basé à Toronto, au Canada. Nous y sommes partis à 3 pour y réaliser les démos de IOGMA. Etant donné les marchés de pointe auxquels nous nous adressons, les services, tels que la préparation, l’installation et le suivi sont des atouts indispensables que nous avons d’emblée inclus dans notre offre", conclut Patrice Garnier.

Pour en savoir plus : contacter Patrice Garnier
Tél : 01 39 25 30 55 - garnier@genostar.com
Genostar :
www.genostar.com

LTU Technologies, leader mondial de la recherche d’images

Créé en 1999, l'éditeur logiciel LTU Technologies, est devenu leader mondial de la technologie de fouille d’images. LTU Technologies a développé une plateforme standard pour la recherche, le filtrage et la classification d’images fixes ou de vidéos, technologies que l’on appelle communément fouille d’images (“image mining”).
En mars 2005, le japonais Jastec International Inc. procède à l’acquisition de 100% des actions de LTU Technologies. En dépit de ce rachat, LTU Technologies demeure une société française qui continue d’opérer sur ses marchés en tant qu’entité indépendante.
"Jastec est une entreprise du service qui nous a achetés afin que nous lui apportions une compétence logicielle qui lui faisait défaut.

Cette acquisition a également permis à Jastec d’augmenter l’éventail des secteurs géographiques qu’elle adresse. Nous y avons gagné un maintien de notre indépendance et un accroissement en termes de puissance géostratégique. En effet, nous comptons aujourd’hui 23 personnes, 16 à Paris, 5 à Washington et 2 au Japon et misons sur un CA de 3 M€ en 2007
", indique Chahab Nastar, Directeur général de LTU Technologies.

Un savoir-faire et deux produits

LTU Technologies offre deux produits : Image Seeker, le moteur de recherche d’images le plus déployé au monde et Image Filter, plateforme logicielle à la pointe de l’état de l’art en classification d’images. Image Seeker agit comme un moteur de recherche capable de localiser des images dans une base de données selon des critères prédéfinis. Son principe de fonctionnement avait été développé à l’INRIA avant d’être transféré vers LTU Technologies en 1999. C’est sur la base de cette brique technologique qu’est né Image Filter, outil de classification très puissant. Celui-ci se vend par cartouches différentes selon les images à classifier. "Pour un site web 2.0 où les internautes déposent leurs images et leurs vidéos, Image Filter peut agir comme un anti-spam. Il suffit de le paramétrer afin qu’il détecte des images indésirables et envoie une alterte au modérateur. Le principe est le même en ce qui concerne les données copyrightées".

Marchés et clients

Les marchés de prédilection de LTU Technologies ont été jusqu’ici l’investigation policière et le renseignement : citons des clients prestigieux tels que la gendarmerie nationale, la police judiciaire, ainsi que le FBI et les douanes américaines. Même si, à ce jour, ces marchés constituent 75% du CA de la société, d’autres marchés tels que la mobilité, les moteurs de recherche ou les sites web 2.0 ("social networks", sites de partage de photos ou de vidéos) émergent en force depuis quelques mois. In fine, cette technologie, éprouvée chez les clients exigeants de la sécurité publique, est en passe de toucher également le grand public. "Ces évolutions ont été fortement aidées grâce à notre Recherche et Développement. La collaboration avec l’INRIA, qui a toujours existée, va sans doute s’accroître depuis le rachat par Jastec", précise Chahab Nastar.

Des évolutions prometteuses…

La prochaine version d’Image Seeker [NDLR : Image Seeker 7] sera capable de rechercher indifféremment images et vidéos de façon transparente pour l’utilisateur "Que ce soit pour les sites web 2.0 ou pour l’investigation policière, la recherche, l’identification et le filtrage de vidéos est une demande forte du marché", conclut Chahab Nastar.

Pour en savoir plus : contacter Chahab Nastar
Tél :
01 53 43 01 70 - cn@LTUtech.com
LTU Technologies : www.ltutech.com

Noesis, ou le traitement d'images clé en main

Née en 1986, grâce à 3 chercheurs de l’INRIA et un de l’Ecole des Mines, Noesis est un éditeur de logiciel qui possède un savoir-faire en matière de traitement d’images quantitatif. A partir de 1990, Noesis appartient à Simulog, filiale de l’INRIA. En 1998, la société est rachetée par ThetaScan, compagnie spécialisée dans les technologies du graphique et de l'image. Plus récemment, Noesis a été racheté par Medasys, éditeur et intégrateur de solutions pour la santé. Aujourd’hui, l’entreprise compte 10 salariés : 3 en charge du développement des produits, 3 orientés vers la R&D, 3 commerciaux et 1 spécialiste logistique. L’entreprise a affiché un CA de 950 K€ en 2006. Noesis est surtout basée en France et possède également un réseau de distribution peu déployé en Amérique en Asie et en Europe.

Une stratégie monoproduit

Dès le début de l’aventure industrielle, c’est vers les marchés de l’imagerie que Noesis s’oriente. Les secteurs touchés sont les sciences du vivant (55%) et les matériaux (45%), plus précisément, ce qui touche les secteurs de l’agroalimentaire, de la biologie, de la cartographie, de la chimie, de l’énergie, des matériaux, du médical, de la métallurgie et de la pharmacie.

En termes de business model, l’entreprise s’est développée autour du produit Visilog, plateforme de développement d’applications pour le traitement d’images, efficace sur les images de laboratoire et l’information quantitative. "Noesis propose des solutions simples et rapides pour l’acquisition, le stockage, et la quantification d’images, appliquées à de nombreux domaines : biologie, chimie, matériaux, métallurgie, géologie… Le marché était demandeur de solutions clé en main, un paramètre que nous avons pris en compte. Aujourd’hui, nous en sommes à la version 6 de Visilog. Devenu très simple d’utilisation, celui-ci fonctionne à la manière des macros dans Excel", indique François Germain, Directeur Général.

Relations avec l’INRIA

Bien qu’essaimée et commercialement indépendante depuis de nombreuses années, Noesis a gardé d’étroites relations avec l’INRIA. "Actuellement, nous menons ensemble des recherches collaboratives autour de l’ajout d’outils et de capacités complémentaires logicielles aux futures versions de Visilog, qui touchent notamment la géométrie algorithmique. Ces recherches iront dans le sens de la réorientation stratégique vers le monde hospitalier, à l’ordre du jour depuis notre rachat par Medasys, spécialiste du domaine", conclut François Germain.

Pour en savoir plus : contacter François Germain
Tél : 01 64 86 78 50 - fg@noesis.fr
Noesis : http://www.noesis.fr

Senda, spécialiste de la production de temps de parcours en temps réel

Senda, issue du laboratoire IMARA de l'INRIA sous la direction scientifique de Michel Parent, développe une expertise dans les technologies de l'information et de la communication pour la mobilité durable en ville depuis les années 90. En 1995, l'INRIA réalisait déjà, en partenariat avec la société Renault, la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines et l'INRETS, une expérience de transport individuel en libre service. Ce système, dénommé Praxitèle, comprenait une plateforme de gestion de l'offre et de la demande de 50 Clio électriques géolocalisées.

En septembre 2004, Angel Talamona et Mikaël Kais font part d’un projet de société innovante auprès d’INRIA - Transfert. Senda, la société naissante, aura pour objet le développement et l'exploitation d'une technologie pour le calcul d'itinéraires basé sur l'info trafic et le déploiement de ces itinéraires sur des dispositifs nomades pour la navigation. En 2005, l'équipe s'est donc consacrée à identifier les acteurs de la chaîne de valeur de l’industrie de la mobilité, à étudier les technologies disponibles et à industrialiser une plateforme logicielle.

Caractère innovant de la technologie

L’information de temps de parcours est très sollicitée et souvent perçue comme disponible gratuitement. Tout comme les modèles météorologiques, les modèles numériques d’estimation et de prédiction des temps de parcours pour les réseaux routiers maillés sont extrêmement complexes.

Les exploitants routiers ont réalisé de lourds investissements dans les infrastructures de collecte de données. Ils utilisent différentes technologies de capteurs statiques, caméras et boucles magnétiques installées dans l’enrobé des grands axes routiers pour générer des informations en temps réel.

Ces informations sont aujourd’hui distribuées par des opérateurs privés. La technologie utilisée par ces acteurs n’est pourtant pas adéquate pour produire des informations à la base de services personnalisées et porte-à-porte. De la même façon, les formats utilisés ne sont pas adaptés pour une distribution multi support de l’information.

Senda possède une technologie de rupture, issue de plusieurs années de R&D en informatique et mathématique appliquées aux transports, développée à l’INRIA, qui s’appuie sur deux vecteurs :
- un moteur d’inter conversion de référentiel spatial,
- un moteur d’estimation et de prédiction de temps de parcours sur réseau maillé

Cette innovation repose sur la possibilité de constituer une base de données trafic unique (temps réel et historique) extrêmement difficile à reproduire et garantissant une qualité et une richesse largement supérieures à l’offre existante. "Notre technologie permet de fusionner différentes données spatio-temporelles comme les données fournies par les exploitants routiers, mais aussi les données de position des véhicules d’entreprise géo localisés. Cette fusion d’information est à la base de la production en temps réel de temps de parcours porte-à-porte, précis et fiables, couvrant la totalité du réseau routier. Nos calculs de parcours temps réel sont notamment consultables au cours d’un déplacement routier. A chaque actualisation de ces informations sur un support mobile, l’usager fournit de façon anonyme sa position et sa vitesse, que nos algorithmes intègrent. L’usager devient coproducteur de notre base de données trafic. Cette dernière est valorisée grâce à une technologie de diffusion multi support : site web, smartphone (service LBS), web service sous la forme d’information de temps de parcours. Cet effet de rétro alimentation positive permet d’améliorer progressivement la précision de nos informations", conclut Angel Talamona.

Pour en savoir plus : contacter Angel Talamona
Tél : 06 78 84 79 04 - angel.talamona@senda-online.com
Senda : http://www.senda-online.com


© Lumière, Opticsvalley, mai - juin 2007