La création de la première maîtrise MIAGE (Méthodes Informatiques
Appliquées à la Gestion des Entreprises) de France à l’Université
Paris-Sud 11 en 1970 a permis le développement initial du LRI. Michel Beaudouin-Lafon,
son actuel directeur, est membre du LRI depuis 1982. A l’Université
Paris-Sud, la recherche en informatique regroupée autour du LIMSI et du
LRI représente aujourd’hui 10% des effectifs de l’ensemble des
chercheurs de la faculté d’Orsay "un chiffre assez élevé pour un campus historiquement dominé par la physique et la biologie",
indique le directeur. L’une des particularités du LRI est d’avoir
essaimé vers les autres laboratoires spécialisés en informatique que
sont par exemple le LSV à Cachan, PRISM à Versailles ou l’ex LAMI à
Evry. "A un moment ou un autre de leur histoire ces laboratoires ont eu un directeur issu du LRI", précise Michel Beaudouin-Lafon.
Le budget annuel du laboratoire (hors salaire des personnels
permanents) est de 2 M€, dont 80% proviennent de ressources externes,
pour un effectif passé de 40 personnes en 1982 à plus de 200
actuellement.
Essaimer pour mieux régner
A partir de 2000, l’arrivée de l’INRIA sur le Plateau de Saclay donne
naissance au Pôle Commun de Recherche en Informatique, créé en janvier
2002 par le CNRS, l'Ecole Polytechnique, l'INRIA et l'Université
Paris-Sud 11. En 2006, la convergence entre le PCRI et le projet
Num@tec (une collaboration entre le CEA et le CNRS) aboutit à la
naissance de Digiteo Labs, un parc de recherche en Sciences et
Technologie de l’Information qui regroupe 1200 chercheurs sur le
plateau de Saclay, devenu RTRA en octobre 2006.
Le PCRI en
bref
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Le PCRI regroupe trois laboratoires :
* Le LRI,
Laboratoire de Recherche en Informatique, unité mixte de l'Université
Paris-Sud 11 et du CNRS
* Le LIX,
Laboratoire d'Informatique de l'Ecole Polytechnique, unité mixte de l'Ecole
Polytechnique et du CNRS
* La nouvelle
unité de Recherche de l'INRIA Futurs localisée sur le Plateau de Saclay
Il a vocation à mettre en commun les forces de ces trois
laboratoires dans leurs domaines d'excellence et à exploiter les synergies
dues à l'environnement scientifique exceptionnel du Plateau de Saclay. Le PCRI
fonctionne par projets communs. En règle générale, un projet commun implique
au moins deux de ces unités, mais il peut aussi n'impliquer qu'une unité du
PCRI et des chercheurs ou équipes d'autres établissements ou laboratoires.
Les axes scientifiques du PCRI ont été définis en fonction
des sujets sur lesquels il existe des compétences fortes et complémentaires
des laboratoires partenaires, c'est-à-dire :
* Qualité et
efficacité des logiciels
* Fouille et
intégration de données hétérogènes et éparpillées
* Interaction
facilitée avec les systèmes informatiques
* Calcul global,
sécurité
En l’espace de 4 ans (2002-2006), le PCRI a engendré la
création 8 projets de recherche communs entre le LRI et l’INRIA.
"Aujourd’hui, la moitié des chercheurs du LRI travaille dans ces équipes. Ils sont
plutôt jeunes et très motivés par le devenir des STIC en France et veulent
faire du PCRI un succès".
L’efficacité des recherches et les formations menées au
sein du PRCI devraientt être amplifiées par un rapprochement géographique au
sein d’un même bâtiment qui sera localisé sur le site d’Orsay en face de
l’Institut de Biologie des Plantes. Les plans du futur bâtiment ont été
présentés en juin dernier. Il sera voisin de l’un des trois futurs bâtiments
qui accueilleront Digiteo.
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Activités de rechercheLes recherches du LRI sont menées au sein de 10 équipes :
Chacune d’elles travaille sur des aspects fondamentaux et applicatifs à travers 3 grandes thématiques.
Thème 1 : aspects fondamentaux
Ce thème concerne l’étude de modèles de calcul, avec pour principale
préoccupation la rapidité du calcul. Cela passe notamment par la
résolution des problèmes dits NP-complets. Un problème est dit
NP-complet lorsque le
temps de calcul
augmente de façon exponentielle avec la taille du problème. Il devient
alors impossible de résoudre le problème en un temps raisonnable. "
La
résolution pratique de problèmes NP-complets peut utiliser des
algorithmes d’approximation qui garantissent un résultat rapide mais
pas optimal, donc améliorable. Elle peut aussi passer par du calcul
quantique. Au LRI, nous possédons une équipe dont les méthodes de
recherche s’appuient sur la théorie de Peter Shor qui
avance que l’on peut exploiter les effets quantiques de la matière et
calculer sur cette base. Notre équipe a, depuis lors, acquis une
compétence reconnue mondialement dans ce domaine. Elle a contribué à la
reconnaissance de l’approche quantique, qui peut également être
exploitée pour le cryptage des communications", précise michel
Beaudouin-Lafon.
Thème 2 : logiciel
Le travail fourni dans le cadre de ce thème de recherche repose sur les
tests, la validation et la certification logicielle, afin de doter
l’industrie du logiciel de garanties de fabrication, ce dont elle s’est
passée jusqu’à ce jour, pour le meilleur ou pour le pire. "Dans
un environnement très concurrentiel comme celui des logiciels, la
garantie de fonctionnement constitue un atout indéniable pour
l’intégration dans des systèmes critiques tels que les aéroports, les
avions, les voitures". Concrètement, cette certification
logicielle peut passer par une validation formelle ou par des tests
statistiques. Elle fait l’objet de partenariats avec le Pôle SYSTEM@TIC PARIS-REGION
dans les projets "Usine logicielle" et "Plate-forme de confiance", et
d’autres collaborations avec l’INRIA sur le système COQ, un
certificateur de logiciel "capable notamment de certifier les programmes Java cards utilisés par Trusted Logic".
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Partie du cluster de calcul, sur lequel sont effectués des simulations de grilles de calcul
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Un
autre aspect des recherches du LRI concerne les grilles de calcul, avec
pour objet de garantir le fonctionnement de calculs de grande
envergure, y compris dans le cas où certaines machines sont
indisponibles. C’est le type de moyens de calcul utilisé par Google par
exemple, dont la grille compte 300 000 ordinateurs en batterie.
Le LRI est partenaire du projet national GRID 5000,
qui vise à effectuer des calculs et des traitements de données à une
échelle sans précédent tout en connectant et en partageant des
ressources informatiques dispersées dans plusieurs zones géographiques
distinctes. "Le contexte de GRID 5000 permet de simuler 1 000 000
de processeurs à l’aide d’une grille de seulement 5 000 d’entre eux. Le
but de cette opération est par exemple de tester des algorithmes
autostabilisants qui garantissent un retour à la normale en cas de
panne d’un certain nombre de machines, une technique qu’IBM qualifie
d’’autonomic computing’’.
Le LRI intervient également dans le projet européen de grille de calcul EGEE (Enabling Grids for E-sciencE),
dont l’objectif est de gérér des volumes de données gigantesques, de
l’ordre du pétaoctet, nécessités par exemple par la recherche sur le
boson de Higgs ou la bioinformatique.
Thème 3 : Intelligence artificielle
Ce thème porte sur l’intégration de données hétérogènes sur le web,
afin d’obtenir par exemple une réponse unique à une demande de tarif
d’avion à partir de l’interrogation de plusieurs bases de données
structurées différemment. Cela passe par des ontologies qui consistent
en une description des données et de leur sens. "Une
autre approche est l’apprentissage par machine qui, à partir d’exemples
positifs et négatifs de réponses à une question, permettent par exemple
à la machine de chercher des CV dans une base de données".
D’autres recherches portent sur les Interfaces Hommes-Machine, qui sont
testées auprès d’utilisateurs afin de vérifier de manière tangible la
fonctionnalité réelle des systèmes. "Nous
travaillons par exemple avec Mandriva, le plus grand distributeur Linux
français, qui intègre désormais notre gestionnaire de fenêtre Metisse
afin de rendre l’utilisation de Linux plus facile et plus efficace".
Perspectives
"Beaucoup
de choses intéressantes se passent au Laboratoire à la jonction entre
des équipes existantes, dans la transversalité entre les systèmes
embarqués, les réseaux dynamiques et les masses de données. Nous
attendons beaucoup de SYSTEM@TIC PARIS-REGION à travers les projets
tels que "Plate-formes de confiance", "Num@tec automotive", ou
"CARRIOCAS". Il y aura aussi fort à faire dans le cadre du RTRA Digiteo
pour lequel nos compétences seront très sollicitées pour la
vérification de la qualité des logiciels, l’invention de nouvelles
interfaces et la convergence des réseaux", conclut Michel Beaudouin-Lafon.
Pour en savoir plus : contacter Michel Beaudouin-Lafon
Tél : 01 69 15 69 10 - mbl@lri.fr
LRI : http://www.lri.fr/~mbl
© Lumière, Opticsvalley, août - septembre 2007