« Les échangeurs micro-canaux que
nous allons étudier permettront d’améliorer considérablement les
transferts de chaleur au sein des équipements utilisés pour le
conditionnement de la lumière synchrotron, principalement des miroirs
et des absorbeurs. Ces équipements de nouvelle génération travaillant à
forte densité de puissance seront nécessaires au bon fonctionnement des
futures lignes de lumière de phases 2 et 3 les plus exigentes
thermiquement, pour obtenir un comportement thermo-mécanique
(limitation des déformations) des différentes optiques compatible avec
la qualité du faisceau synchrotron (flux élevé, précision
submicrométrique, voire nanométrique), et pour éviter l’endommagement
des absorbeurs », indique Philippe Deblay, Responsable des relations industrielles chez SOLEIL.
L’activité liée aux échangeurs micro-canaux est menée à SOLEIL par le
pôle R&D Thermique, qui rassemble une équipe-projet interne de 8
personnes (7 à temps partiel et un doctorant), sous la responsabilité
de Jean-Pierre
Daguerre,
ingénieur thermicien, à laquelle vient s’ajouter une équipe partenaire
de 4 personnes issues de l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Outre
le financement de la thèse, SOLEIL a décidé d’investir dans un banc
d’essais expérimental dédié, instrumentalisé avec tous les moyens de
mesure correspondants.
« A
travers ASTRE, nous recherchons des financements complémentaires pour
notre projet de R&D lié aux échangeurs micro canaux. Nous avons
également fait appel à Opticsvalley pour nous aider à
élargir notre palette de partenaires industriels essonniens ou
franciliens potentiels, pouvant agir en amont en collaborant
directement à notre projet de R&D, et/ou en aval pour
l’exploitation industrielle des futurs équipements issus de la phase de
R&D. Cette opération d’information puis de mise en relation avec
d’autres membres d’Opticsvalley a été menée avec
succès, SOLEIL disposant à ce jour de trois manifestations d’intérêt
émanant d’une entreprise essonnienne et de deux autres sociétés du sud
de l’Ile-de-France », précise Philippe Deblay.
Avancement sur la mise à disposition de la ligne de métrologie et tests
Rappelons que la ligne de métrologie et tests de SOLEIL possède deux
branches, une branche rayons X durs et une branche X-UV, permettant
d’utiliser le rayonnement synchrotron pour effectuer de la métrologie
optique à la longueur d’onde. Les stations expérimentales de cette
ligne de lumière sont dédiées à la mesure des paramètres photométriques
qui caractérisent les éléments optiques, tels que la réflectivité des
surfaces, l’efficacité de diffraction des réseaux, l’efficacité des
détecteurs X et X-UV et la calibration absolue. La ligne peut également
servir à développer des instruments et des diagnostics pour la
caractérisation des faisceaux de rayons X.
Contribution à PRISME
La ligne métrologie et tests est, à ce jour, au début de sa phase de
qualification avant ouverture, permettant toutefois de réaliser des
essais de faisabilité. «
Nous envisageons d’accueillir des tiers pour des essais de faisabilité
jusqu’en octobre 2009. Le dernier trimestre 2009 est prévu pour
terminer la qualification de la ligne, laissant la possibilité à des
utilisateurs « experts » d’effectuer des essais réels, mais sans
garantie. L’ouverture officielle de la ligne est envisagée au début de
l’année 2010, pour réaliser des essais réels dans le cadre d’un
fonctionnement normal de la ligne. On peut donc prévoir une mise à
disposition de cette ligne au sein de PRISME à partir d’octobre 2009,
en acceptant un risque de fonctionnement non optimal, ou à partir de
janvier 2010 pour bénéficier des meilleures conditions d’utilisation de
ses stations expérimentales », commente Philippe Deblay.
Actualité de la ligne de métrologie et tests
Le LIGA est un procédé de fabrication d’objets de haute précision, de
taille micrométrique et de grand facteur de forme (rapport entre une
dimension et les deux autres dimensions de l’ordre de 10, 30, voire
100). La mise en œuvre du procédé nécessite de recourir à des photons
très énergétiques, qui seront disponibles à SOLEIL sur la branche X
durs de la ligne de métrologie et tests, pour réaliser une lithographie
profonde dans une résine photosensible. A partir de cette résine
imprimée, un moule métallique peut être fabriqué par électro-croissance
et servir d’outil de production de micro-objets par moulage de
plastiques ou frittage de céramiques. « C’est
l’équipe LIGA de l’’UMR CNRS/Thales qui maîtrise le procédé de
fabrication des micro-objets ; dans le cadre d’un partenariat de cette
équipe avec la ligne de métrologie de SOLEIL, les industriels pourront
accéder à tout ou partie des étapes technologiques du procédé », indique Philippe Deblay.
Pour comprendre plus en détail le fonctionnement de la ligne métrologie et test, nous vous invitons à regarder le reportage qui lui est consacré.
Maintien des crédits de la part de l’Etat
Le Synchrotron SOLEIL est éligible au plan de relance des organismes de recherche issus du Ministère de la Recherche.
Le montant du financement du plan de relance pour SOLEIL est de 6 M€ (4 pour le CNRS et 2 pour le CEA).
Ce financement, qui n’est en aucun cas un budget additionnel,
représente une disponibilité financière immédiate qui permettra à
SOLEIL :
- De maintenir un rythme très soutenu pour la construction des lignes
de lumière de son programme expérimental, avec un objectif d’ouverture
de la quasi-totalité des lignes de phase 2 au cours de l’année 2011,
- D’accélérer certains projets de construction, en particulier la
construction de la deuxième tranche de la maison d’hébergement des
utilisateurs, indispensable à l’accueil complet de ces derniers.
Pour en savoir plus : Philippe Deblay
philippe.deblay@synchrotron-soleil.fr - Tél. : 01 69 35 90 05
SOLEIL : www.synchrotron-soleil.fr
© Lumière sur... L'Instrumentation
Opticsvalley, avril 2009